A l’affiche
Le 31 décembre 2025
Magellan
(Magalhaes)
Espagne/Portugal/Philippines
Réalisé par Lav Diaz
Avec Gael García Bernal, Roger Alan Koza, Dario Yazbek Bernal
Durée : 2h43
Magellan, navigateur portugais épris de liberté, se rebelle contre l’autorité du Roi qui refuse de soutenir ses rêves d’exploration. Porté par une soif insatiable de découvrir les confins du monde, il convainc la Couronne espagnole de financer une expédition audacieuse vers les terres mythiques de l’Est. Mais le voyage se transforme en un périple éprouvant : la faim, les tempêtes et les mutineries mettent l’équipage à genoux. Lorsque Magellan atteint enfin les îles de l’archipel malais, l’explorateur idéaliste s’efface pour laisser place à un conquérant obsédé par la domination et la conversion, provoquant des soulèvements violents qui commencent à lui échapper…
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A la suite de Marco Polo et de Christophe Colomb, l’épopée maritime de Fernand de Magellan (1480-1521) à travers les océans du globe pour rejoindre l’Indonésie (alors appelée « l’île aux Épices ») constitue un jalon essentiel des Grandes découvertes, permettant au Portugal de tracer de nouvelles routes maritimes, d’agrandir son empire et d’accroître son influence politique et commerciale en Asie. Parti de Séville en 1519 à la tête d’une flotte de cinq navires, le navigateur portugais traversa l’Atlantique pour atteindre l’Amérique du Sud et découvrir le fameux détroit qui portera son nom avant de naviguer jusqu’à l’archipel des Philippines où il trouva la mort en 1521. Depuis les célébrations du 500ème anniversaire de son expédition en 2019, l’explorateur portugais semble connaître un regain de popularité et a fait l’objet de plusieurs adaptations de son odyssée, qu’il s’agisse de dessin-animé comme Le Voyage de Magellan : le premier tour du monde d’Angel Alonso (2019), de mini-séries comme Sans limites du réalisateur espagnol Patxi Amezcua (2022) ou de superproduction destinée au grand écran comme 1521 : The Quest for Love and Freedom de Michael Barder (non encore sorti en France). L’originalité de l’approche du réalisateur philippin Lav Diaz est d’excentrer le regard du spectateur en présentant l’aventure de Magellan et de son tour du monde du point de vue des populations qu’il rencontre, colonise et et tente d’évangeliser. A l’instar du 1492 – Christophe Colomb de Ridley Scott (1992) qui décrivait la progressive mise en place du système colonial et esclavagiste à la suite de l’épique traversée de l’Atlantique, Lav Diaz cherche à confronter l’image stéréotypée de l’explorateur diffusée dans les manuels d’Histoire occidentaux avec la réalité, plus complexe et violente, d’une course effrénée à la conquête de nouveaux mondes à exploiter et à dominer. Face à un impressionnant Gabriel Garcia Bernal enfermé dans sa solitude de conquérant, le cinéaste philippin met en scène deux personnages essentiels du Passé de l’archipel : Humabon, premier roi des Philippines à se convertir au catholicisme, et Lapu-Lapu, roi de l’île de Mactan entré dans la légende pour avoir été le premier responsable tribal à avoir résisté à la colonisation des Philippines par les Espagnols. Mêlant reconstitution scrupuleuse et scènes oniriques, le biopic du célèbre navigateur est également l’occasion pour le cinéaste philippin d’interroger l’héritage colonial de son pays et la survivance des traumatismes historiques dans la société contemporaine.
