A l’affiche
Le 14 janvier 2026
Furcy, né libre
France
Réalisé par Abd Al Malik
Avec Makita Samba, Romain Duris, Ana Girardot
D’après « L’Affaire de l’esclave Furcy » de Mohammed Aïssaoui
Durée : 1h48
© Memento – Tous droits réservés
Si le Cinéma fait partie intégrante de la Mémoire de l’Esclavage aux Etats-Unis avec des oeuvres cultes comme La couleur pourpre (1987) et Amistad (1997) de Steven Spielberg, Django Unchained de Quentin Tarantino (2012) ou The birth of a nation de Nate Parker (2016), l’Histoire des Outre-mer français demeure toujours pour les cinéastes hexagonaux un sujet délicat à traiter, même 200 ans après l’abolition de la traite négrière par la IIème République. Malgré le succès d’estime du Passage du Milieu de Guy Deslauriers en 2000 et l’institutionnalisation de célébrations mémorielles comme le 10 mai (« Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition ») en 2006, les tentatives de restituer sur grand écran l’enfer de l’Esclavage se font rares ou teintées de comédie comme Case départ de Thomas Ngijol, Fabrice Éboué et Lionel Steketee (2011) ou de survivalisme comme Ni chaînes ni maîtres de Simon Moutaïrou (2024). Pour son deuxième film en tant que réalisateur, Abd Al Malik adapte L’Affaire de l’esclave Furcy, étude historique de Mohammed Aïssaoui publiée en 2010 et consacrée à Furcy Madeleine (1786-1856), esclave réunionnais connu pour les procès qu’il intenta de 1817 à 1845 à son propriétaire pour recouvrer la liberté. Issu de la diaspora afro-descendante et du monde urbain du Hip Hop, le rappeur devenu cinéaste aborde l’esclavage sous l’angle philosophique et juridique à travers le combat de cet esclave interprété avec force par Makita Samba et de son avocat incarné par Romain Duris pour faire valoir ses droits les plus élémentaires. Si l’horreur des conditions de vie des esclaves sur l’île Bourbon (ancien nom de la Réunion) est parfaitement décrite, le récit, oscillant entre pédagogie et divertissement, finit par basculer dans un passionnant film à procès à travers lequel sont discutés et remis en questions les principes régis par le Code noir et l’envers du système colonial français.
