In memoriam
Jean-Paul RAPPENEAU
(1932-2026)
FILMOGRAPHIE “HISTORIQUE” :
1966 : La Vie de château
1971 : Les Mariés de l’an II
1990 : Cyrano de Bergerac
1995 : Le Hussard sur le toit
2003 : Bon voyage
Jean-Paul Rappeneau était sans doute l’un des derniers représentants du Cinéma français populaire et élégant qui occupa les écrans à partir des années 50. En 8 films emblématiques devenus cultes avec le temps, le cinéaste a offert au 7ème Art hexagonal certains de ses grands classiques à l’instar du Sauvage (1975) ou de Tout feu, tout flamme (1982).
S’il fut un excellent scénariste auprès de réalisateurs influents de l’après guerre, signant ou co-signant les intrigues de films emblématiques comme Zazie dans le métro de Louis Malle (1960), Le combat dans l’île d’Alain Cavalier (1961) ou L’homme de Rio de Philippe de Broca (1964), ce maître de l’écriture comique et rythmée se tourna volontiers vers l’Histoire de France et les grands événements du roman national pour trouver l’inspiration de nombre de ses aventures cinématographiques. Après sa participation à l’élaboration du scénario de La fabuleuse aventure de Marco Polo de Noël Howard et Denys de La Patellière en 1964, son premier long-métrage en tant que réalisateur donne le ton puisque La vie de château, sortie en 1966 avec Catherine Deneuve et Philippe Noiret en têtes d’affiche, évoque non sans humour les derniers jours de l’occupation en Normandie et le chaos provoqué par le parachutage d’un résistant envoyé par Londres pour préparer le Débarquement des troupes alliées.
Avec Les mariés de l’an II, son film suivant qu’il réalise en 1971, il remonte le temps et signe une évocation drôle et galante des dérives de la Révolution française avec le couple Jean-Paul Belmondo et Annie Girardot qui cherche à divorcer en plein tumulte insurrectionnel.
Après deux comédies et presque 10 ans d’absence, Jean-Paul Rappeneau fait son grand retour en 1990 et rend hommage à l’oeuvre théâtrale d’Edmond Rostand et au genre « Cape et d’épée » avec une spectaculaire et flamboyante adaptation de Cyrano de Bergerac. Portée par un Gérard Depardieu plus que jamais inspiré, l’intrigue amoureuse de la pièce devient une fresque ambitieuse sur la France d’Ancien régime et les affres de la guerre de Trente ans. Succès public et critique, en France comme à l’international, le film est récompensé par un Prix d’interprétation au Festival de Cannes, 10 Césars dont celui du Meilleur film et du Meilleur réalisateur, un Golden Globe du Meilleur film étranger et Oscar des Meilleurs costumes.
Cinq ans plus tard, en 1995, c’est Le hussard sur le toit, roman éponyme de Jean Giono, qu’il met en scène en filmant la romance entre un colonel des hussards italien en fuite incarné par Olivier Martinez et une jeune marquise interprétée par Juliette Binoche, tous deux enfermés dans Manosque placée sous quarantaine à cause d’une épidémie de choléra.
Pour Bon voyage, son avant-dernier film qu’il réalise en 2003 et qui constitue son ultime incartade dans le Passé, il retrouve la Seconde mondiale de ses débuts et envoie Isabelle Adjani accompagnée de Grégori Derangère rejoindre le gouvernement français en exode à Bordeaux dans une aventure mêlant romance et espionnage.
Du siège d’Arras aux côtés de Cyrano à Catherine Deneuve en apprentie résistante, le Cinéma de Jean-Paul Rappeneau aborde l’Histoire à travers les destins de couples souvent improbables que l’adversité des événements va contribuer à rapprocher. Sa signature marquée par son approche du Passé par l’anecdote et un traitement ludique et rythmé souvent teinté de comique de situation fait de ses films des oeuvres incomparables et incontournables qui occupent et continueront longtemps à occuper une place toute particulière dans le Cinéma français.
