A l’affiche
Le 11 mars 2026
Le testament d’Ann Lee
(The Testament Of Ann Lee)
Etats-Unis/Grande-Bretagne
Réalisé par Mona Fastvold
Avec Amanda Seyfried, Lewis Pullman, Tim Blake Nelson
Durée : 2h10
© The Walt Disney Company France – Tous droits réservés
L’Histoire des pionniers de l’Amérique est aussi celle de l’installation de nombreux mouvements religieux généralement en marge des églises de l’époque et persécutés dans leur pays d’origine. Puritanisme, chasse aux sorcières ou messianismes millénaristes, la société coloniale du Nouveau monde est ainsi traversée par des courants mystiques hérités de conceptions souvent jugées déviantes ou hérétiques dans l’Europe de l’Ancien régime. Moins connue que d’autres communautés spirituelles de Nouvelle Angleterre, l’Organisation de la Société Unie des Croyants dans la Deuxième apparition du Christ (également surnommée les « Shakers » en référence aux services d’adoration de nature extatique qu’ils pratiquaient) prônait l’égalité des sexes, le célibat obligatoire, l’interdiction de la propriété privée, l’intégrité, le travail, la chasteté, le pacifisme et l’égalité sociale au coeur d’un monde encore très patriarcal, capitaliste et à la veille de son indépendance politique. Vénérée par ses fidèles comme une prophétesse et l’incarnation féminine du Christ, Ann Lee occupa un place centrale dans l’enracinement de cette émanation rigoriste du Protestantisme en annoncant l’imminence de la seconde venue du Christ. Mis en scène par Mona Fastvold, également co-scénariste de The Brutalist de Brady Corbet, le film reprend les grandes étapes de la vie de la fondatrice de ce culte incarnée par Amanda Seyfried, de sa naissance à Manchester en 1736 à sa rencontre avec les Quakers et de son exil outre-atlantique à l’ancrage progressif de la communauté. Si le film s’inscrit dans la droite lignée des adaptations littéraires consacrées à la diffusion de ces courants religieux et de leur influence sur le quotidien des premiers américains à l’instar de classiques comme Les sorcières de Salem de Raymond Rouleau d’après Arthur Miller (1957), Les amants du Nouveau monde (adaptation de La lettre écarlate) de Roland Joffé (1995) ou encore The witch de Robert Eggers (2016), ce biopic inspiré de la fondactrice des Shakers se distingue néanmoins par son approche féministe et surtout musicale, mêlant le drame historique au lyrisme des musiques et des chants sacrés.
